PRIARTéM
5 cour de la Ferme Saint-Lazare
75 010 PARIS
Tél
: 01 42 47 81 54 – Fax : 01 42 47 01 65
Madame, Monsieur,
Nous
nous adressons aujourd'hui à vous en votre qualité de
candidat aux élections législatives. Nous voulons vous
alerter sur la nécessité de légiférer sur
la protection des populations face à une nouvelle forme de pollution,
qui a envahi, en moins de 10 ans, nos paysages et nos modes
de vie, celle générée par les rayonnements de
la téléphonie
mobile.
Aujourd’hui le problème sanitaire posé par
l’exposition des populations aux rayonnements des antennes-relais
ou à l’usage du portable et, tout particulièrement, à un
usage précoce, est minoré voire nié. En France,
la thèse de l’innocuité est portée par une
poignée de scientifiques qui a confisqué pendant plusieurs
années l’expertise scientifique officielle sur cette question.
Ceux-ci sont aujourd’hui largement discrédités
puisqu’un rapport rendu conjointement par l'Inspection générale
des affaires sociales et l'Inspection générale de l'environnement
a confirmé les liens existants entre les principaux experts
mobilisés sur cette question et les industriels du secteur[1].
On constate donc que, comme pour l’amiante ou encore le tabac
et tous les autres dossiers où sont en jeu d'importants intérêts économiques,
tout est fait pour freiner la progression de la connaissance
sur ce domaine. Aucune étude d’impact sanitaire préalable
n’a été effectuée avant le développement
des réseaux de téléphonie mobile, aucune grande
enquête épidémiologique n’a, à ce
jour été lancée auprès des riverains d’antennes.
Pourtant les éléments s’accumulent qui prêchent
en faveur de l’existence d’un risque sanitaire pour les
populations exposées qu’il s’agisse des riverains
d’antennes ou des utilisateurs de portables, soit plusieurs millions
de personnes en France. Ils concernent, notamment, les
effets génotoxiques
de ces ondes (programme européen REFLEX, étude menée
par une équipe de l’Université de Chicago, étude
indienne, étude française menée par l’Université de
Clermont-Ferrand…) certains chercheurs les comparant même
aux effets des rayonnements ionisants.
Le principe de précaution,
inscrit aujourd'hui dans nos grands principes constitutionnels,
a été défini
pour tenir compte de situations semblables où il y a débat
au sein de la communauté scientifique. Son application est d’autant
plus urgente que nombre de riverains d'antennes vivent
déjà dans
la souffrance comme le montrent les enquêtes sanitaires citoyennes
menées par Priartem, certains se voyant contraints de quitter
leur lieu d’habitation Nous insistons sur le fait que, si l'hypothèse
d'un risque sanitaire se confirme, eu égard à la taille
de la population concernée, les conséquences pourraient,
si rien n’est fait, se révéler dramatiques en termes
de santé publique. Pour ne donner qu'un exemple, des études
suédoises font apparaître une augmentation de 250% des
risques de tumeurs du cerveau au-delà de 10 ans d'utilisation
du portable !
En France, les normes d'exposition de la
population sont fixées par un décret, pris dans l'urgence
et dans la débâcle du gouvernement Jospin, le 3 mai 2002.
Les valeurs limites y sont définies pour ne jamais être
atteintes, ce qui signifie que ce décret permet aux opérateurs
d'installer leurs antennes où ils veulent : à quelques
mètres
de lieux d'habitation, à grande proximité, voire sur
des établissements scolaires…. Cette même réglementation
n'impose aucune information ni restriction concernant la
commercialisation du portable. C'est ainsi que les associations Priartem
et Agir pour l'environnement se sont battues seules, en 2005, pour
empêcher
la commercialisation d'un portable pour enfant de 4 à 8 ans.
Elles ont gagné sur cette affaire, mais aujourd'hui encore rien
n'empêche la commercialisation d'un produit du même type.
D'ailleurs Orange a commercialisé une nouvelle application qui
permet aux parents de savoir à tout moment où se trouvent
leurs enfants, ce qui est une incitation pour les parents à doter
leurs enfants d'un tel équipement.
Il y a donc aujourd'hui urgence à légiférer
sur ce domaine afin que le développement de la téléphonie
mobile se fasse dans le respect des conditions de vie et
de santé de
tous, conformément à l'article 1er de la Charte sur l'environnement.
Lors de la précédente législature, des parlementaires, émanant
des différents groupes politiques de l'Assemblée Nationale
ont entendu nos appels et ont déposé, en juillet 2005
une proposition de loi qui contient tous les éléments
permettant le respect des exigences citoyennes : réduction des
valeurs limites d’exposition à 0,6 v/m, respect de périmètres
de sécurité autour des bâtiments sensibles, mise
en place de réelles procédures de concertation… Signées
par une soixantaine de députés, cette proposition n'a
pas été reprise par le gouvernement actuel sous forme
de projet. Nous vous demandons de vous engager à la reprendre
et à la porter à votre tour pour que, enfin, le développement
de la téléphonie mobile puisse se faire dans le respect
des conditions de vie et de santé de tous.
Nous attendons de
vous un réel engagement sur ce dossier et, dans l'attente de
votre réponse, nous vous prions de croire, Madame, Monsieur, à l'assurance
de notre plus parfaite considération.
Retour