Le
premier point que j’aborderai est la problématique préoccupante
de la ressource en eau.
Certes elle est évoquée
au Grand Projet N°3, mais les projets de SAGE (Schéma d’Aménagement
et de Gestion des eaux) notamment pour la nappe des Grès vosgien,
abordent essentiellement l’aspect quantitatif.
La surexploitation
de cette nappe pour laquelle il faut agir rapidement (on
a déjà trop
attendu) doit nous renvoyer aux véritables causes, pas ou peu évoquées, à savoir
la fermeture de 35 captages dans les nappes superficielles
de la moitié ouest
du département pour pollution bactériologique mais aussi
par les nitrates et les pesticides, sachant que 28 sur
les 35 sont déclarés non potentiellement réexploitables.
A
ce sujet, je considère comme de plus en plus inacceptable
voire choquant qu’un cahier des charges définissant les
pratiques agricoles compatible avec la production durable
de la nappe de Vittel ait pu être élaboré alors
qu’on
continue à côté de
contaminer sans scrupule la ressource en eau, réservoir publique
d’alimentation en eau potable des populations locales.
Au-delà de
cet exemple local, j’élargirai le constat par l’étude
réalisée par l’Agence de l’Eau Seine Normandie
qui en arrive à la conclusion suivante
:En ce qui concerne
les pollutions diffuses agricoles, seules les pratiques
alternatives d’élevage extensif et d’agriculture
biologique permettraient d’atteindre le bon état écologique
des masses d’eau
d’ici 2015 conformément aux exigences de la DCE (Directive
Cadre Européenne sur l’Eau) ! Cette conclusion est
tout à fait transposable au bassin Rhin Meuse.
On ne peut donc
que regretter que le développement de ces pratiques agricoles
alternatives ne soient pas au coeur des objectifs visés pour
les 6 années à venir, sachant, et l’INRA l’a
démontré, que l’agriculture raisonnée n’est
en aucune manière une réponse adaptée.
…La
situation risque par ailleurs de se dégrader encore avec la
mobilisation des jachères dans le cadre du développement
de la filière industrielle des agrocarburants, sous entendue
dans le grand projet N°2. Filière, il faut le rappeler, à l’éco
bilan très défavorable et qui ne saurait être la
réponse à la crise des énergies fossiles. On lui
aurait préféré le développement de la filière
courte de l’Huile Végétale Pure, permettant aux
agriculteurs d’aller vers l’autonomie énergétique
de leur exploitation.
Il nous semble donc impératif, pour répondre à ces
urgences écologiques et sanitaires, de soutenir de manière
beaucoup plus volontaristes les politiques alternatives
qui s’imposent.
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